Tirill, une danse avec les ombres

12 décembre 2010

Un album magnifique réalisé en 2003 par Tirill Mohn, une artiste norvégienne que j’admire beaucoup. Son titre : A Dance with the shadows. Il s’agit là de son premier album solo – ayant nécessité trois années d’élaboration et dont certaines chansons remontent même à 1996. Cette musicienne extrêmement talentueuse, violoniste de formation (mais aussi guitariste et flûtiste), plaira certainement à toutes celles et ceux qui sont fans de musique progressive ou qui aiment à entendre des mélodies lyriques et folks.

L’ambiance de l’album, si j’avais à m’exprimer, est d’une beauté envoûtante – pleine de mystère, de nostalgie et de calme. D’emblée, le ton est donné lorsqu’on ouvre le boîtier contenant le disque : un livret magnifiquement présenté, avec de très belles photos montrant Tirill, dévêtue, dans une forêt enchanteresse, telle un spectre de désir et de fantasme. Bien que les onze chansons maintiennent une atmosphère de tranquillité durant les 50 minutes que dure l’album, délicieusement intime, les arrangements, eux, sont incroyablement variés : violon, violoncelle, claviers, guitare électrique, guitare acoustique, percussions et flûte.

Sigrun Eng est magique au violoncelle. L’autre musicien (sur plusieurs titres), digne d’être mentionné lui aussi, pour sa virtuosité à la flûte, est Ketil Vestrum Einarsen. Ici encore, il est merveilleux, livrant un petit plus atmosphérique à cet album. Fait intéressant, on n’entend aucune batterie dans ce disque. En revanche, une variété d’instruments à percussion tiennent le rythme, ce qui donne un ton très agréable et un cadre intimiste à cette musique.

L’album s’ouvre sur un ton mélancolique. Quelque chose d’étrange, des bruits ambiants et des voix étouffées introduisent “Nights Are Colder”, morceau qui fait un excellent usage d’une voix masculine, chuchotant à l’unisson avec Tirill. “Don’t Dare To Love You” commence avec la voix de Tirill et une guitare acoustique. La mélodie est très belle, très simple, grâce à des percussions et des claviers luxuriants, et des interventions subtiles à la flûte de Ketil. Cette tonalité continue sur “Winter Roses” – avec un choeur magnifique. “June’s Flowers” emploie violoncelle, guitare, flûtes et voix harmonieuse, le tout contribuant à un accord simple et délicat.

“Dressed in beauty”, l’un des plus beaux morceaux, repose sur un thème fragile joué par des violons, tandis qu’au fur et à mesure qu’avance l’album, les chansons se voient revêtir d’une note ténébreuse assez inattendue. “Heavy Heaves” permet à nouveau à la flûte de Ketil de dominer les claviers funèbres et certains bruits surnaturels.

Les chansons de la fin sont plus légères, avec une sensation plus traditionnelle, plus folklorique. La flûte et le piano, d’une grande douceur, introduisent le calme et apaisant “Golds of Morning”, dont l’arrangement est superbement complexe. La chanson se termine par la flûte de Ketil qui se brise en une mélodie familière, très populaire. L’instrumentation de “It was blue” est plus simple encore, mais tout aussi délicieuse, légère et mélodique avec un accordéon au premier plan. Le violon tzigane donne à “Ruby” un toucher sensuel inspiré de l’Europe orientale, et l’album se termine même dans un style méditerranéen avec “When you sleep”, mettant en vedette le bouzouki impressionnant de Christos Sarakatsianos.

Les textes, quant à eux, déclinent des thèmes aussi simples et émouvants que les moments de tristesse et de joie, le passage des saisons et les souvenirs de l’amour…

A Dance with the shadows est un album tout à fait étonnant, sensible et complexe à la fois, aux mélodies incroyablement subtiles. Pour finir, étant donné que le socle de chaque chanson repose sur la guitare acoustique de Tirill (guitare avec cordes en nylon), il n’est pas difficile d’imaginer ses morceaux être joués entièrement en solo.

Cet album est malheureusement épuisé, voire introuvable… mais Tirill dispose d’une page sur Breaking Tunes où l’on trouvera notamment quelques titres qui figureront dans son prochain album, ainsi que deux liens : vers son site ; et sa page MySpace où certaines chansons de l’album, citées plus haut, sont en ligne. Bonne écoute !

3 Réponses à “Tirill, une danse avec les ombres”


  1. Merci pour ce billet de la part de Une danse avec les ombres Liten Blomma pour simplifier : bravo puis-je twitter cette page http://litenblomma.wordpress.com/2010/12/12/une-danse-avec-les-ombres !?? :D

  2. Liten blomma dit :

    Merci à vous !


  3. [...] disque auquel j’ai déjà dédié un texte et que vous pouvez toujours découvrir ou relire ici. Ledit album, jusqu’ici introuvable parce qu’épuisé, vient d’être réédité [...]


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