Mystère au Kleifarvatn
2 février 2011
Juin 2000. En raison d’un tremblement de terre survenu près de Reykjavik, le lac de Kleifarvatn connaît une soudaine décrue. Une géologue, qui était en train d’étudier le niveau de l’eau, découvre le squelette d’un homme. Il est à moitié enterré dans un lit de sable et a un gros trou dans le crâne. Plus mystérieux encore, un important dispositif de communication accompagne le cadavre : une sorte d’émetteur radio portant des inscriptions en russe. La police est appelée sur les lieux.
De quoi s’agit-il ? Une affaire d’espionnage en Islande ? Le rapport est loin d’être évident pour l’inspecteur Erlendur et ses collègues. A partir de cet indice, c’est une vérité bien plus dérangeante qu’ils vont découvrir derrière ce meurtre vieux de 40 ans…
L’histoire nous plonge dans l’Allemagne de l’Est des années 1950. Nos enquêteurs apprennent qu’un groupe de jeunes communistes Islandais avaient obtenu une bourse pour étudier à l’université de Leipzig. Ces derniers étaient arrivés la tête pleine de grands idéaux avant de se rendre compte très vite que ce prétendu “paradis socialiste” était, en réalité, régi par la Stasi, l’endoctrinement, la désinformation, la surveillance, la méfiance et la trahison. La situation ne s’arrangera pas pour eux lorsque, en 1956, éclatera l’Insurrection de Budapest.
“L’Homme du lac” (390 pages chez Métailié / Bibliothèque nordique) est un remarquable roman policier. Il est même davantage que cela. Arnaldur Indridason, très habilement, nous cache l’identité de la victime et celle du tueur jusqu’à l’épilogue. Plus encore, il parvient à fabriquer un conte contemporain à partir de la Guerre froide, avec une rare pertinence, en interrogeant le mystère de la passion amoureuse, les rêves brisés, le sort des disparus et la douleur de ceux qui restent.
Qui a dit qu’il ne se passait jamais rien en Islande ?



