Linnea aux sons et au chant
28 mars 2011
Qu’il s’agisse des éternelles “Suites” de J. S. Bach, ou du souvenir que m’inspire la figure de Jacqueline du Pré, des compositions de Sonia Wieder-Atherton, ou de l’admiration que suscite chez moi la toute jeune Sol Gabetta, je n’aurai jamais assez de mots pour exprimer tout ce que je ressens envers le violoncelle, sa beauté, son énergie, sa force lyrique, ses inclinations mélancoliques. C’est sans doute celui qui possède le plus beau timbre parmi tous les instruments qui aient été jamais inventés. Ses sonorités rondes et puissantes sont souvent comparées à la voix humaine, et son corps d’instrument en bois s’apparenterait presque à un être de chair que l’on étreindrait volontiers tout entier dans ses bras, calé avec confort entre les cuisses, à l’image d’une personne qui nous est chère, et dont on imagine mal se séparer, si ce n’est douloureusement. De là, un tel instrument nous parle au plus proche et plus profond, pour ainsi nous offrir la joie unique d’avoir à échanger dans cette magnifique langue qu’est la musique de ses cordes frottées, subtilement mise en vibration par son archet.
Une violoncelliste qui chante en même temps qu’elle joue est un cas suffisamment rare pour être signalé, aussi aimerais-je, toutes proportions gardées, mentionner un autre nom après ceux, si illustres, déjà cités plus haut : celui d’une jeune artiste suédoise qui n’a pas volé son talent, loin s’en faut, et qui mériterait d’être plus connue en France…
Linnea Olsson vit actuellement à Halmstad, une petite ville située sur la côte ouest de la Suède. C’est à l’âge de 6 ans qu’elle entame ses premiers cours de violoncelle, un approfondissement qu’elle poursuivra jusqu’à fréquenter la prestigieuse Kungliga Musikhögskolan (soit la Royal College of Music de Stockholm). En parallèle de sa formation, elle s’investie dans d’autres styles musicaux et ne tarde pas à participer à certains concerts d‘Ane Brun, Frida Hyvönen et Nina Kinert, entre autres. On la retrouve également sur scène comme chanteuse, violoncelliste et bassiste du groupe Paintbox, un trio s’adonnant à une sorte de musique pop rêveuse et accrocheuse, dont un second album, “The Night, vient de paraître. Quant à ses projets plus personnels, et les plus attendus, Linnea Olsson n’a commencé à composer ses propres morceaux que l’an dernier, mais le 30 avril prochain un petit label parisien, Camaraderie Limited, fera paraître un EP avec cinq chansons en solo de cette musicienne suédoise pleine d’inventivité. Un album complet (un LP) est en préparation, lequel sera rendu public vers la fin Août et début Septembre de cette année. En attendant, vous pouvez toujours visiter son MySpace ou bien écouter quelques titres de son cru, rien qu’en cliquant sur les noms qui suivent : The Ocean, Ah !, Dinosaur, Mind Reader, It’s Ok, Guilt. Lycka till Linnea !

