Il est bel et bon, Per Passione
27 novembre 2011
Cap vers la musique du début du XVI° siècle autour de la figure de Pierre Passereau, illustre pour ne guère intéresser grand monde, à travers Per Passione, un ensemble de musique ancienne danois dont le répertoire est principalement axé sur la polyphonie de la Renaissance et du début de l’époque baroque, avec parfois des détours sur ce qui se faisait antérieurement et postérieurement à ces deux périodes.
Créé à l’été 2007, il est basé à Aarhus, au Danemark, et se compose de cinq voix, parmi lesquelles : Camilla Løvstad (soprano), Susanne Cecilie Nielsen (soprano), Charlotte Glavind-Teute (mezzo-soprano), Jesper Schneidelbach (basse) et Erik K. Knudsen (ténor et fondateur de Per Passione). Ses membres, formés pour la plupart à l’Académie Royale de Musique, officient tant dans des choeurs universitaires que dans celui de cathédrale d’Aarhus, le Akademisk Kor Århus. Tous spécialisés en musicologie, en pédagogie (la musique pour enfants, pour l’une d’elles) et professeurs de chant dans différentes académies du pays, ils se produisent également dans d’autres ensembles. Leur répertoire remettent au goût du jour des airs, des motets et de magnifiques madrigaux, italiens (Claudio Monteverdi, Carlo Gesualdo ou Pomponio Nenna) mais aussi anglais (John Dowland, Thomas Tallis, William Byrd, Christopher Tye, Orlando Gibbons, Thomas Morley et Thomas Tomkins), avec une préférence pour les textes centrés sur l’amour, ses joies et ses désillusions.
Outre les madrigaux, Per Passione aime à élargir son domaine de compétence avec des programmes spécialement conçus pour les périodes de Noël et de Pâques, notamment des cantiques traditionnels danois, de la musique de la fin du Moyen Age, de la Renaissance (avec un accent particulier mis sur le répertoire magnifique des hymnes et des cantiques anglais). Leur travail les porte également à s’intéresser à la musique de chambre, italienne et anglaise (ils sont, dans le cas présent, accompagnés d’une guitare).
Je vous propose de les écouter interpréter ce qui est sans doute l’oeuvre la plus fameuse de Pierre Passereau (vers 1509-1547). Ce dernier était, avec Clément Janequin, l’un des compositeurs les plus populaires du style “parisien” dans les années 1530. Si connu que Passereau s’est vu honorer d’une mention sous la plume de François Rabelais au titre d’un des musiciens les plus populaires de son temps. Sa production se composait presque exclusivement de chansons dont le contenu avait quelque chose de similaire à la “frottola” italienne. La plupart d’entre elles fait usage d’onomatopées, leur permettant le recours à des double sens, des métaphores musicales dotées d’une obscénité non-dissimulée.
Dans ce titre, “Il est bel et bon“, Pierre Passereau aimait se servir de syllabes, dénuées de signification, et clairement inspirées par le gloussement des poules. Une pièce si caractéristique des chansons populaires de Passereau, par sa rusticité, dont on retient la déclamation rapide, les rythmes entrainants, les passages en accords avec la polyphonie, la mise en mot généralement syllabique et onomatopéique, sur un sujet satirique et de nature grivoise. Une composition si fameuse qu’elle fut même chantée un peu partout en Europe, depuis les Flandres jusqu’à la Cité des Doges.
“Per Passione” est un vieux vocable italien qui a pour signification “faire quelque chose de la passion“. On comprend dès lors ce choix, cette poésie intime qui n’a rien à prouver si ce n’est la grâce de son inspiration émerveillée, car quelle magnifique passion que de contribuer à la postérité de ceux qui se sont avérés les légataires d’un véritable trésor de la polyphonie. Et que vive la musique ancienne…




28 novembre 2011 à 12:02
Hej, jag brukar inte lyssna på den här typen av musiken men måste erkänna att jag gillar verkligen den här kören och polyfoni
Vad kul!
(det ska bli spännande och se om jag missat något)
)