Archipel d’émotions
12 décembre 2011
Archipel comme multiples tessons appelés à reconstituer le vase tout entier, comme vestige d’une dispersion accidentelle, exaltation de l’éclat, du morcellaire, du fragmentaire, faisant briller son défaut d’unité, son degré zéro d’origine, son goût pour l’inachevé, sa soumission au règne de la discontinuité, telle la parole unique et solitaire d’un auteur s’entraînant sans cesse dans des brouillons, ébauches ou esquisses provisoires. Archipel comme traces d’une redite infinie…
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Voyage en Finlande légendaire avec Karoliina Kantelinen, enseignante aussi fougueuse que charismatique, capable de faire tomber ses auditeurs de leurs chaises grâce à sa voix si distinctive qui couvre une gamme d’émotions et d’expressivité oscillant entre douceur et brutalité, angoisse et compassion, complainte et chagrin. Son travail d’ethnomusicologue consiste à dépoussiérer des techniques et traditions orales oubliées : celle des anciens cris (nykyitkut), chants du peuple Same (joïks), héritage du Kalevala et des runes de l’antique Carélie (jadis finnoise mais annexée par les Soviétiques en 1940 suite à la Guerre d’Hiver).
Soittelen soutusalmen suorimaista
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Rikard Wolff a tellement été touché par Barbara qu’en 2000 il livre « Min allra största kärlek », un disque de reprises en suédois des plus grandes chansons de Barbara, incluant notamment la plus poignante, la plus poétique d’entre d’elles, « L’Aigle Noir ». Écoutez-le avec Eva Dahlgren chanter « La Dame Brune », célèbre titre composé en 1968 par Georges Moustaki pour Barbara en vue d’un duo.
Kvinnan jag drömmer om (La Dame Brune)
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Ici, on aime le Prog et tout ce qui s’y rattache. Le dernier album du groupe norvégien Gazpacho, « Missa Atropos », s’apparente davantage à une symphonie qu’à un simple recueil de chansons. Et pour cause, l’histoire est celle d’un homme qui rompt tout lien avec la société pour s’isoler dans un phare et y écrire une messe en l’honneur de la déesse Atropos. Une voix émotive, des claviers puissants, une section rythmique étanche, etc. Une perle qui démontre toutes les prouesses de Gazpacho à savoir former et maintenir un récit, des mélodies et des thèmes cohérents, créant ainsi une atmosphère dynamique et émotionnelle à l’image de ce que représente la mer elle-même : profonde, sombre et fascinante.
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« Svenska Flickan » (« La Fille Suédoise ») est un groupe porté sur la performance musicale – composé depuis 2009 de Moa Nilson, Fanny Leander et Sofie Forsman. Des voix irrésistibles qui combinent librement (et sauvagement) la musique, la politique des sexes, le théâtre, la danse et tous les outils qu’elles glanent sur leur chemin (l’enfance, la honte, la désolation, les forêts, etc.). Inspirées du vécu, elles mettent au défi toutes les normes et les attentes de la société pour raconter leur histoire et ainsi renverser nos préjugés les plus invétérés. Synthés, percussions, rituels, chamanisme, costumes spectaculaires, lumières disco. Une certaine idée du punk et de l’humour aussi.
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Fred Åkerström (1937-1985) était considéré, dans les années 60, comme l’un des tout premiers ménestrels de Suède : très engagé, il est l’auteur de chansons radicales contre la guerre du Vietnam et les injustices sociales. Cette empathie émotionnelle, intense, vibrante, le plongea dans la solitude et une santé fragile, tant physique que mentale. Son aura fut telle qu’à sa mort plana un silence assourdissant en Suède. Sa voix de basse rugueuse fut souvent comparée à celle d’un baryton enduit de Cuprinol tant elle fut, il est vrai, impressionnante. Dans son répertoire figure cette superbe interprétation de la « Nymphe scintillante » de Carl Michael Bellman (1740-1795). Lyssna och Njut !
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Il est de notoriété publique que les Suédois ont un don naturel pour la confection de pop songs pétillantes et accrocheuses. Eh bien, au cas où vous auriez encore quelques doutes, voici un groupe qui est là pour les balayer. Leur petite touche d’originalité vous les rendra immédiatement sympathiques. Nouvelle charge dans la pop suédoise, Icona Pop est un superbe duo féminin de Stockholm composé de Caroline Hjelt et Aino Neheh Jawo. Une ligne de basse galopante, une virée effervescente de percussions, des synthés vigoureux, et voilà qu’on les compare déjà à The Naked and Famous, Passion Pit et Robyn. Elles se sont faites connaître grâce à « Manners », leur premier single qui figure dans l’une des dernières compilations de chez « Kitsuné », label français qui défend et promeut les nouveaux talents de la scène électro-pop-rock. On les en remercie. Surveillez-les, elles pourraient cartonner !
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Le pianiste et compositeur norvégien Lars Jakob Rudjord est connu pour sa rigueur formelle (jamais dénuée d’exubérance et de chaleur spontanées), tant au piano que lorsqu’il décide d’élargir la gamme des sons grâce à l’électronique. Pur produit de l’Académie, il dirige depuis 2009 son propre groupe, le « Lars Jakob Rudjord Ensemble », et ne se concentre désormais que sur des projets personnels – improvisant quelquefois des pièces sur des poèmes de Ernst Orvil (1898-1985). Rudjord est, avec la chanteuse Ingvild Koksvik Amundsen, le directeur artistique du Fyrlyd Festival de Lista, en Norvège. Voici une création que j’affectionne infiniment…
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« Árstíðir » veut dire “saisons”. Un groupe de Reykjavík doté d’un son à peu près unique sur la scène musicale islandaise. Outre leur signature harmonique, c’est leur instrumentation qui définit le plus leur musique : une effusion chaleureuse de résonances acoustiques grâce à un violon, des guitares, dont une baritone, un piano, un violoncelle. Le résultat donne une palette sonore très large, soulignée par un nombre impressionnant de capacités vocales propres aux six membres du groupe.
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Le beau visuel de « Jerome » par la petite princesse suédoise Lykke Li, soutenue ici par un orgue, une guitare, un vibraphone et deux voix en totale harmonie : une version acoustique, dépouillée, d’une beauté envoûtante, plus sombre et mélancolique que l’original….
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Quand le monde du théâtre et de la musique rencontre les sagas nordiques et la culture populaire médiévale, cela engendre « Saga de Ragnar Lodbrock » (1979), un bel album que j’ai reçu récemment après maintes et maintes recherches sur les sites marchands et dont je peux désormais me délecter (la voix du regretté Olivier Proust dans les immenses « Chants funèbres… » est éblouissante). Voici, selon moi, un des plus beaux titres de ce disque…
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